| Comment vous parler
de ma peinture et qu’en ai-je fait ? |
Des Natures Mortes.
Des PaysagesMe concentrer sur quelques détails, chercher comment les mettre en valeur, créer une atmosphère qui accompagne celui qui regarde pour amener son œil à s’arrêter sur ces petits détails … J’ai pour cette raison une grande admiration pour les préoccupations de Cézanne. Il pouvait restructurer entièrement une peinture autour d’un détail capable de faire chavirer toute la toile. S’attaquer à la réalisation d’une nature morte, c’est commencer un projet complexe. C’est un travail de composition qui petit à petit se met en place. Le détail s’entoure d’objets, le fond se construit. C’est un cadrage singulier capable de déranger l’ordre et la physique. C’est jouer sur les volumes, sur la profondeur, sur l’articulation des différents plans ou mettre l’accent justement sur l’absence de plan. Dans cette construction, il s’agit de fournir suffisamment d’éléments pour partager une grande intimité entre la peinture et l’œil complice de celui qui saura la regarder.
qui invitent au rêve, au voyage et à l'exotisme, la nature étant pour moi la meilleure source d'inspiration. Dans ces paysages, on trouve souvent de l'eau. Peut être est-ce là une histoire de culture liée à mes origines nordiques, peut être une grande attirance pour la mer et son instabilité. Peut être est-ce là une recherche du mouvement, et la volonté d’introduire dans mes toiles une certaine dynamique. Entre l’eau, le ciel et son reflet, le courant doit passer pour que la peinture fonctionne. On trouve aussi dans ces paysages des formes particulières et insolites qui auront accroché mon regard lors d’une promenade ou en observant une photographie: un arbre isolé au milieu d’un champ, des traces comme des empreintes dans une matière qui diffracte la lumière, un pont ou mieux, une passerelle qui ne mène pas vraiment quelque part, le non alignement de façades dans une rue, un passage en escalier dans un village, un espace libre et vide mais rempli d’une étrange clarté… Ce sont des paysages qui dégagent une ambiance singulière. Il s’agit alors de travailler l’accroche non pas photographique mais picturale pour tenter de traduire cette atmosphère. Cela peut se faire au travers d’un cadrage particulier en utilisant une technique de peinture bien adaptée, en mettant l’accent sur le support ou encore, en choisissant judicieusement les couleurs. C’est l’observation des tableaux de maîtres qui m’évoque ce travail de construction. Si je m’en inspire encore beaucoup, c’est pour apprendre et mettre cette analyse en pratique plus que pour copier.